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Succession bloquée par un héritier : vos recours

Famille & Personnes
25 janvier 2026

I. La problématique

Un partage qui n’avance pas, un cohéritier qui ne répond ni au notaire ni aux autres héritiers, un compte bancaire inaccessible, un logement occupé sans dialogue… Une succession peut se trouver à l’arrêt pour des raisons humaines, pratiques ou juridiques. Or l’immobilisme coûte cher et fait peser des risques sur tous: blocage des opérations de partage, perte de valeur des biens, tensions familiales, voire sanctions civiles et fiscales.

La première étape utile consiste à clarifier les droits de chacun et à formaliser les demandes. Une mise en demeure correctement fondée sur les textes applicables met l’héritier défaillant face à ses obligations et ouvre la voie à l’intervention du juge en cas de persistance du blocage. C’est précisément ce que permet notre outil: identifier rapidement les règles pertinentes et générer une mise en demeure personnalisée et fiable, opérante auprès du notaire et des juridictions.


II. Ce que dit le droit

Pour faire bouger une succession bloquée, le droit prévoit des leviers concrets. La clé est souvent de formaliser la défaillance et d’utiliser la voie procédurale adéquate.

Pour faire constater la défaillance et avancer, le partage peut être relancé malgré l’absence d’un héritier. Le notaire fixe une date et, si l’héritier ne se présente pas, un représentant peut être désigné par le juge. C’est expressément prévu par le texte suivant:

Article 1367 du Code de procédure civile

« La mise en demeure prévue à l'article 841-1 du code civil est signifiée à l'héritier défaillant. Elle mentionne la date prévue pour réaliser les opérations de partage.
A défaut de présentation de l'héritier ou de son mandataire à la date fixée dans la mise en demeure, le notaire dresse un procès-verbal et le transmet au juge commis afin que soit désigné un représentant à l'héritier défaillant. »

Autrement dit, l’inaction d’un héritier ne peut pas paralyser indéfiniment le partage: encore faut-il le mettre en demeure de manière régulière, puis enclencher le relais du juge via le notaire. Notre outil vous aide à bâtir ce courrier de mise en demeure, en reprenant les mentions indispensables et les fondements utiles.

S’agissant des comptes et des fonds détenus par des tiers (banques, assureurs), le texte suivant facilite l’accès proportionnel des héritiers ou de leur mandataire commun, sur la base de l’acte de notoriété:

Article 730-4 du Code civil

« Les héritiers désignés dans l'acte de notoriété ou leur mandataire commun sont réputés, à l'égard des tiers détenteurs de biens de la succession, avoir la libre disposition de ces biens et, s'il s'agit de fonds, la libre disposition de ceux-ci dans la proportion indiquée à l'acte. »

Ce fondement est précieux pour lever des blocages pratiques et justifier, auprès des établissements, des opérations proportionnelles sans attendre l’accord unanime si un cohéritier s’y oppose sans motif.

Si le blocage cache en réalité une dissimulation d’actifs ou même d’un cohéritier, la sanction est sévère. Le recel successoral prive l’héritier fautif de tout droit sur les biens recelés et emporte acceptation pure et simple de la succession:

Article 778 du Code civil

« Sans préjudice de dommages et intérêts, l'héritier qui a recelé des biens ou des droits d'une succession ou dissimulé l'existence d'un cohéritier est réputé accepter purement et simplement la succession, [...] sans pouvoir prétendre à aucune part dans les biens ou les droits détournés ou recelés. »

Signaler ce risque, preuves à l’appui, dans une mise en demeure structurée est souvent décisif pour rétablir un dialogue ou, à défaut, pour convaincre le juge d’ordonner des mesures.

Le « blocage » tient parfois à une situation protégée, notamment l’occupation du logement familial par le conjoint survivant. Ce droit doit être respecté, mais il n’empêche pas de sécuriser la succession et de dresser un inventaire:

Article 764 du Code civil

« Sauf volonté contraire du défunt [...], le conjoint successible qui occupait effectivement [...] un logement [...] a sur ce logement, jusqu'à son décès, un droit d'habitation et un droit d'usage sur le mobilier [...] »
« Le conjoint, les autres héritiers ou l'un d'eux peuvent exiger qu'il soit dressé un inventaire des meubles et un état de l'immeuble soumis aux droits d'usage et d'habitation. »

Ne pas confondre, donc, droit d’habiter et pouvoir de bloquer toutes les opérations: l’inventaire peut et doit avancer.

L’inaction expose aussi au risque fiscal. L’administration peut mettre les héritiers en demeure de justifier des titres, valeurs ou créances non déclarés et leur impose un délai strict:

Article R*19-1 du Livre des procédures fiscales

« Si les intéressés refusent de répondre [...] une mise en demeure leur est adressée [...]
Ils disposent alors d'un délai de trois mois [...] »
« Lorsque ce délai est écoulé [...], les preuves [...] ne sont plus recevables. »

Ce délai court, lourd de conséquences financières, justifie d’agir vite pour recenser et déclarer les éléments, même si un cohéritier freine.

Enfin, une fois une décision obtenue (par exemple, la désignation d’un représentant de l’héritier défaillant ou une condamnation à communiquer des informations), son exécution peut être forcée:

Article L111-2 du Code des procédures civiles d'exécution

« Le créancier muni d'un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible peut en poursuivre l'exécution forcée sur les biens de son débiteur [...]. »

Notre outil vous accompagne à chaque étape: repérer instantanément les textes applicables à votre situation, construire une stratégie claire avec le notaire, et générer une mise en demeure personnalisée et fiable, prête à être envoyée pour faire constater la défaillance et enclencher, si nécessaire, la saisine du juge.


Conclusion

Une succession bloquée n’est pas une fatalité. Le droit organise une marche à suivre: mise en demeure formelle de l’héritier défaillant, procès-verbal du notaire en cas d’absence, désignation judiciaire d’un représentant pour poursuivre le partage, accès proportionnel aux fonds sur la base de l’acte de notoriété, inventaire en présence d’un conjoint survivant occupant, et sanctions fermes en cas de dissimulation d’actifs. Rester inactif expose à des pertes de valeur, à des tensions accrues et à des risques fiscaux concrets dès l’envoi d’une mise en demeure par l’administration.

Pour agir vite et bien, appuyez-vous sur notre outil: il vous permet de retrouver immédiatement les textes précis qui soutiennent vos démarches et de formaliser une mise en demeure solide, étape décisive pour débloquer la succession et protéger vos droits.

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