Vous êtes « stagiaire », mais, au quotidien, vous tenez une caisse, gérez un portefeuille clients, faites des astreintes, ou remplacez un salarié absent. Vos horaires dépassent la convention, on vous demande de venir le week-end, et l’encadrement pédagogique est inexistant. Vous avez l’impression de travailler « comme un salarié », sans le contrat ni la paie correspondante. C’est probablement un stage détourné de sa finalité — donc abusif — et vous pouvez demander sa requalification en contrat de travail.
En jeu, ce sont des droits très concrets : une rémunération conforme à un emploi occupé, des congés, des cotisations sociales, une meilleure protection en cas de rupture. Côté organisme d’accueil, il y a des obligations claires : confier des missions pédagogiques, respecter la convention, verser la gratification au-delà de deux mois, et conclure un contrat si l’on vous emploie hors du cadre du stage. Ne rien faire, c’est accepter de perdre des droits et de normaliser une situation illégale.
Notre outil vous accompagne pas à pas pour faire valoir ces droits, d’abord par une mise en demeure solide et personnalisée, puis, si nécessaire, devant le conseil de prud’hommes.
D’abord, la loi rappelle ce qu’est — et ce que n’est pas — un stage. Sa finalité est pédagogique et temporaire, non pas de pourvoir un poste.
Arrêté du 23 juin 2025 fixant les clauses types des conventions relatives aux séquences en milieu professionnel et aux stages prévues respectivement aux articles R. 715-1 et D. 811-139-1 du code rural et de la pêche maritime
« Le stage correspond à une période temporaire de mise en situation en milieu professionnel au cours de laquelle l'étudiant acquiert des compétences professionnelles et met en œuvre les acquis de sa formation en vue de l'obtention d'un diplôme […] Le stagiaire se voit confier une ou des missions conformes au référentiel de diplôme. »
Quand l’organisme d’accueil vous emploie « hors stage » (par exemple en dehors des périodes prévues par la convention, ou pour des missions qui n’ont plus rien de pédagogique), la règle est explicite : il faut un contrat de travail, avec salaire et cotisations.
Arrêté du 23 juin 2025 fixant les clauses types des conventions relatives aux séquences en milieu professionnel et aux stages…
« Si le responsable de l'organisme d'accueil souhaite employer le stagiaire en dehors des périodes prévues par la convention de stage, un contrat de travail doit être conclu pour ces périodes hors stage. L'entreprise a dans ce cas de figure l'obligation de verser un salaire et les cotisations qui en découlent. »
Même dans le cadre strict du stage, des droits pécuniaires existent. Au-delà de deux mois, une gratification est obligatoire à un niveau minimal déterminé.
Arrêté du 23 juin 2025 fixant les clauses types des conventions relatives aux séquences en milieu professionnel et aux stages…
« En France, lorsque la durée du stage est supérieure à deux mois consécutifs ou non, celui-ci fait obligatoirement l'objet d'une gratification […] Le montant horaire de la gratification est fixé à 15 % du plafond horaire de la sécurité sociale. »
Si votre stage est interrompu à la suite d’un contrôle de l’inspection du travail et que l’autorité administrative refuse la reprise, des sommes restent dues pour sécuriser votre situation.
Article L4733-9 du Code du travail
« Le refus d'autoriser la reprise de l'exécution du contrat de travail ou de la convention de stage entraîne sa rupture à la date de notification du refus aux parties. Dans ce cas, l'employeur verse au jeune les sommes dont il aurait été redevable si le contrat de travail ou la convention de stage s'était poursuivi jusqu'à son terme. »
Enfin, en cas de stage abusif, vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes pour demander la requalification en contrat de travail. Le dossier est jugé rapidement.
Article L1454-5 du Code du travail
« Lorsque le conseil de prud'hommes est saisi d'une demande de requalification en contrat de travail d'une convention de stage […] l'affaire est directement portée devant le bureau de jugement, qui statue au fond dans un délai d'un mois. »
En pratique, deux temps sont utiles. D’abord, exiger la mise en conformité par une mise en demeure argumentée, rappelant la finalité pédagogique du stage, la nécessité d’un contrat de travail pour tout emploi hors période de stage, et l’obligation de gratification au-delà de deux mois. Ensuite, si l’employeur refuse ou reste silencieux, saisir le conseil de prud’hommes pour obtenir la requalification et les rappels correspondants. En parallèle, en cas de manquements graves, alerter l’inspection du travail peut déclencher la protection financière rappelée par l’article L4733-9.
C’est précisément là que notre outil vous fait gagner du temps et de la force probante. Sa recherche juridique intelligente identifie instantanément les textes applicables à votre situation et les formule en termes clairs. Puis il génère et envoie une mise en demeure personnalisée et fiable, structurée autour des exigences légales ci-dessus, pour provoquer une régularisation ou préparer efficacement votre dossier prud’homal.
Un stage n’est pas un emploi déguisé. S’il sert à pourvoir durablement un poste, qu’il déborde hors des périodes prévues ou qu’il évacue toute dimension pédagogique, la requalification en contrat de travail s’impose. Le droit fixe des balises simples — finalité formatrice, contrat obligatoire hors cadre du stage, gratification au-delà de deux mois — et offre une voie rapide devant le conseil de prud’hommes en cas de litige.
N’attendez pas qu’un stage abusif vous coûte des mois de travail non reconnu. Utilisez notre outil pour identifier en quelques minutes les textes qui soutiennent votre démarche et adresser une mise en demeure nette, juridiquement fondée et immédiatement exploitable. En agissant vite, vous sécurisez vos droits, forcez la mise en conformité ou préparez, sereinement et avec des arguments solides, la requalification de votre stage en véritable contrat de travail.