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Mon ex publie des photos de notre enfant : faites-les retirer vite

Famille & Personnes
22 mai 2026

I. La problématique

Votre ex publie des photos de votre enfant sans votre accord. Vous craignez pour sa vie privée, sa sécurité ou, simplement, vous n’êtes pas d’accord avec cette exposition publique. Il faut agir vite pour obtenir le retrait des contenus, tout en restant dans un cadre juridique solide. L’objectif est double : protéger l’enfant aujourd’hui et prévenir de nouvelles publications demain.

Le réflexe utile consiste à réunir des preuves de la diffusion (captures d’écran horodatées, URL) et à formaliser votre opposition. Une démarche claire et argumentée juridiquement aide souvent à obtenir un retrait rapide, surtout si elle annonce, de façon mesurée, les suites judiciaires possibles. C’est précisément là que notre outil fait gagner un temps précieux : il permet d’identifier les bons textes applicables et de générer une mise en demeure personnalisée et fiable, apte à convaincre le parent et, si nécessaire, à préparer un référé.


II. Ce que dit le droit

Le principe est simple : le droit à l’image de l’enfant est protégé conjointement par les deux parents, en respect de sa vie privée. Autrement dit, aucun parent ne décide seul de publier des photos de l’enfant en cas de désaccord.

Code civil – article 372-1

Les parents protègent en commun le droit à l'image de leur enfant mineur, dans le respect du droit à la vie privée mentionné à l'article 9.
Les parents associent l'enfant à l'exercice de son droit à l'image, selon son âge et son degré de maturité.

En cas de conflit, le juge aux affaires familiales peut trancher très vite et interdire la diffusion de tout contenu relatif à l’enfant par le parent qui outrepasse l’accord de l’autre. Il peut assortir sa décision d’une astreinte (une somme due par jour de retard) et, en cas de résistance grave ou répétée à une décision parentale, prononcer une amende civile.

Code civil – article 373-2-6

Le juge du tribunal judiciaire délégué aux affaires familiales règle les questions qui lui sont soumises […] en veillant spécialement à la sauvegarde des intérêts des enfants mineurs.
Il peut également, en cas de désaccord entre les parents sur l'exercice du droit à l'image de l'enfant, interdire à l'un des parents de diffuser tout contenu relatif à l'enfant sans l'autorisation de l'autre parent.
Il peut, même d'office, ordonner une astreinte pour assurer l'exécution de sa décision. […]
Il peut également, lorsqu'un parent fait délibérément obstacle de façon grave ou renouvelée à l'exécution de l'un des titres mentionnés aux 1° à 6° du I de l'article 373-2-2, le condamner au paiement d'une amende civile d'un montant qui ne peut excéder 10 000 €.

Si la situation est urgente, le juge peut ordonner des mesures immédiates pour faire cesser l’atteinte à la vie privée, notamment en référé. Cela permet d’obtenir rapidement la suppression des contenus litigieux.

Code civil – article 9

Chacun a droit au respect de sa vie privée.
Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures […] propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée : ces mesures peuvent, s'il y a urgence, être ordonnées en référé.

Dans les cas les plus graves, lorsque la diffusion par un parent porte une atteinte sérieuse à la dignité ou à l’intégrité morale de l’enfant, un membre de la famille ou un service peut même demander au juge de lui déléguer l’exercice du droit à l’image de l’enfant. C’est une réponse exceptionnelle mais dissuasive.

Code civil – article 377

Lorsque la diffusion de l'image de l'enfant par ses parents porte gravement atteinte à la dignité ou à l'intégrité morale de celui-ci, […] un membre de la famille peut également saisir le juge aux fins de se faire déléguer l'exercice du droit à l'image de l'enfant.

Par ailleurs, si vous demandez des dommages et intérêts pour l’atteinte subie, l’action se prescrit en principe par cinq ans à compter du jour où vous avez connu ou auriez dû connaître la publication.

Code civil – article 2224

Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer.

Enfin, une action gagnée peut vous permettre de récupérer tout ou partie de vos frais non compris dans les dépens.

Code de procédure civile – article 700

Le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer : 1° A l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens […]


Conclusion

Votre droit est clair : sans accord des deux parents, la diffusion de l’image d’un enfant mineur doit cesser. En pratique, une mise en demeure bien fondée suffit souvent à obtenir un retrait rapide. Si l’autre parent persiste, le juge peut interdire toute nouvelle publication, ordonner la suppression sous astreinte, voire sanctionner un comportement réitéré, et vous pouvez demander réparation. Le temps joue contre vous : plus une image circule, plus elle est difficile à faire disparaître.

Pour agir vite et bien, appuyez-vous sur notre outil. Il vous guide vers les textes utiles, précisément applicables à votre situation, puis génère et envoie une mise en demeure personnalisée et fiable, en s’appuyant sur les articles pertinents du Code civil et du Code de procédure civile. Vous gagnez en clarté, en crédibilité et en réactivité, dès les premières heures, afin de protéger efficacement votre enfant et de rétablir des règles respectueuses de sa vie privée.

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