Votre bail n’a pas changé, mais votre propriétaire vous annonce une hausse de loyer « dès le mois prochain ». Est-ce légal en cours de bail ? Faut-il payer tout de suite, contester, demander des justificatifs ? Beaucoup de locataires confondent hausse de loyer, régularisation de charges ou effet d’un renouvellement. Or, le régime juridique n’est pas le même, et vos droits sont précis.
Premier réflexe simple et sûr : ne pas cesser de payer sans base légale, mais vérifier le fondement de la demande. Le droit encadre strictement les augmentations en cours de bail. Dans la plupart des cas, aucune hausse n’est possible sans clause prévue au contrat et sans respect d’un plafond légal. À l’inverse, un logement classé F ou G au DPE interdit toute révision ou majoration en cours de bail.
Pour vous y retrouver vite, notre outil réalise pour vous une recherche juridique intelligente, identifie les textes applicables à votre cas (bail nu ou meublé, DPE, présence d’une clause de révision, travaux invoqués…) et génère une mise en demeure personnalisée et fiable pour faire respecter vos droits sans délai.
En cours de bail, deux mécanismes seulement peuvent entraîner une hausse du loyer: la révision annuelle indexée si elle est prévue au bail, et la majoration convenue à l’avance en contrepartie de travaux d’amélioration. Hors de ces cas, la hausse est illicite.
Le principe est clair: la révision suppose une clause et elle est plafonnée par l’indice de référence des loyers (IRL). Elle n’est pas rétroactive et n’est pas possible au-delà d’un an si le bailleur n’a pas agi.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 17-1
« Lorsque le contrat prévoit la révision du loyer, celle-ci intervient chaque année […] La variation qui en résulte ne peut excéder, à la hausse, la variation d'un indice de référence des loyers […]
A défaut de manifester sa volonté d'appliquer la révision du loyer dans un délai d'un an […], le bailleur est réputé avoir renoncé […]
Si le bailleur manifeste sa volonté de réviser le loyer dans le délai d'un an, cette révision […] prend effet à compter de sa demande. »
Si votre bail est meublé, les mêmes règles s’appliquent pour la révision et l’interdiction en cas de passoire énergétique.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 25-9
« Pour la révision du loyer, les I et III de l'article 17-1 sont applicables aux logements meublés. »
Autre garde-fou majeur: aucun bailleur ne peut réviser ou majorer le loyer en cours de bail si le logement est classé F ou G au sens du DPE.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 17-1
« La révision et la majoration de loyer […] ne peuvent pas être appliquées dans les logements de la classe F ou de la classe G. »
La hausse pour travaux n’est possible que si elle a été expressément convenue à l’avance, pour de vrais travaux d’amélioration. Elle doit figurer dans le contrat ou un avenant, avec le montant de la majoration. Les travaux de simple mise en conformité avec la décence ne justifient pas une telle hausse.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 17-1
« Lorsque les parties sont convenues, par une clause expresse, de travaux d'amélioration […] le contrat […] peut fixer la majoration du loyer […] Cette majoration ne peut faire l'objet d'une action en diminution de loyer. »
Enfin, c’est le bail lui-même qui doit contenir les règles de révision: leur absence empêche toute hausse en cours de bail. Le bail type prévoit d’ailleurs la mention de la date de révision et du trimestre de référence de l’IRL.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3
« Le contrat de location précise […] le montant du loyer […] ainsi que ses règles de révision éventuelle. »
Décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 (Annexe 2, contrat type)
« 2° Le cas échéant, Modalités de révision : a) Date de révision : […] b) Date ou trimestre de référence de l’IRL : […]. »
Trois conséquences pratiques découlent de ces textes. Si votre bail ne contient aucune clause de révision, le loyer est bloqué pendant toute la durée du bail. Si une clause existe, la hausse ne peut pas dépasser l’IRL, elle ne peut pas être rétroactive et elle ne peut intervenir que si le bailleur vous la demande dans l’année. Si le bailleur invoque des travaux, une majoration n’est possible que si elle a été prévue par écrit avant les travaux et qu’il s’agit bien d’améliorations, pas d’un rattrapage de décence.
Dernier conseil de prudence: ne stoppez pas le paiement du loyer de votre propre initiative, même si vous contestez la hausse.
Arrêté du 29 mai 2015 (notice d’information annexée aux contrats)
« Le locataire ne doit en aucun cas cesser de payer de lui-même, sans autorisation d'un juge, tout ou partie de son loyer […]. »
En pratique, examinez votre bail, le DPE et l’IRL de référence. Si la hausse est irrégulière (absence de clause, dépassement de l’IRL, logement F ou G, travaux non éligibles ou non prévus par avenant), vous pouvez exiger le maintien du loyer antérieur et le remboursement d’éventuels trop-perçus. Notre outil automatise ces vérifications, sélectionne pour vous les bons textes et rédige une mise en demeure claire, juridiquement fondée et prête à être envoyée au bailleur.
En cours de bail, une augmentation de loyer n’est légale que si elle est prévue par une clause de révision strictement encadrée par l’IRL, ou si une majoration pour travaux d’amélioration a été convenue par écrit à l’avance. Elle est impossible dans un logement classé F ou G et n’est jamais rétroactive. En cas de demande injustifiée, ne cessez pas de payer, mais faites valoir vos droits sans tarder: chaque mois payé à tort est plus difficile à rattraper ensuite et peut servir de base à de futures indexations.
Gagnez du temps et de la sérénité: notre outil identifie instantanément les règles qui s’appliquent à votre situation et produit une mise en demeure personnalisée et fiable pour obtenir, à l’amiable d’abord, la correction du loyer et, si besoin, le remboursement des trop-perçus. Vous reprenez la main, en droit et en fait.