Vous découvrez que votre locataire propose le logement sur Airbnb sans vous avoir demandé d’autorisation. Au-delà du malaise, c’est une vraie question juridique. La sous‑location non autorisée bouleverse la destination du bail (résidence principale) et vous expose à des usages intensifs, des allées et venues de tiers, voire des dégradations. Attendre, c’est laisser perdurer un manquement contractuel et rendre plus difficile la preuve des faits et l’évaluation du préjudice. Agir vite et proprement, c’est à la fois rétablir vos droits et sécuriser la suite du bail ou sa fin.
Pour aller à l’essentiel sans vous perdre dans les textes, notre outil vous guide pas à pas : d’abord en identifiant, en quelques clics, les dispositions précises applicables à votre situation, ensuite en générant et en envoyant une mise en demeure personnalisée, juridiquement solide et prête à l’emploi. C’est la manière la plus efficace de faire cesser la sous‑location illicite et de préparer, si nécessaire, l’action devant le juge.
Le principe est clair : sans accord écrit du bailleur, la sous‑location est interdite. Et même avec accord, elle est strictement encadrée, notamment sur le prix. En cas d’infraction, le juge peut résilier le bail pour changement d’usage fautif et le locataire fautif peut être condamné à réparer votre préjudice.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989… — Article 8
« Le locataire ne peut ni céder le contrat de location, ni sous-louer le logement sauf avec l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix du loyer. (…) Le prix du loyer au mètre carré (…) des locaux sous-loués ne peut excéder celui payé par le locataire principal. (…) En cas de cessation du contrat principal, le sous-locataire ne peut se prévaloir d'aucun droit à l'encontre du bailleur ni d'aucun titre d'occupation. »
Concrètement, si votre locataire a publié des annonces et accueilli des voyageurs sans votre accord écrit, il manque à ses obligations. Vous n’êtes lié par aucun « droit » du sous‑locataire : si le bail principal cesse, le sous‑locataire ne peut pas se maintenir dans les lieux.
Lorsque le bail contient une clause de résiliation automatique pour manquements autres que ceux expressément prévus par la loi, cette clause est réputée non écrite. L’issue passe donc, en pratique, par le juge sur le fondement du Code civil.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989… — Article 4 (g)
« Est réputée non écrite toute clause (…) qui prévoit la résiliation de plein droit du contrat en cas d'inexécution des obligations du locataire pour un motif autre que le non-paiement du loyer, des charges (…) [ou] le non-respect de l'obligation d'user paisiblement des locaux loués, résultant de troubles de voisinage constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée (…) »
En cas de sous‑location illicite, vous pouvez demander judiciairement la résiliation pour changement d’usage ou usage déraisonnable du logement.
Code civil — Article 1728
« Le preneur est tenu (…) d'user de la chose louée raisonnablement, et suivant la destination qui lui a été donnée par le bail (…) »
Code civil — Article 1729
« Si le preneur (…) emploie la chose louée à un autre usage que celui auquel elle a été destinée, (…) le bailleur peut, suivant les circonstances, faire résilier le bail. »
Le juge apprécie les circonstances : annonces, calendriers de réservation, avis publiés, messages, témoignages… L’issue peut être la résiliation du bail et des dommages et intérêts. Lorsque la résiliation intervient pour faute du locataire, la loi autorise l’indemnisation jusqu’à la relocation.
Code civil — Article 1760
« En cas de résiliation par la faute du locataire, celui-ci est tenu de payer le prix du bail pendant le temps nécessaire à la relocation, sans préjudice des dommages et intérêts (…) »
Si vous préférez attendre la fin du bail, vous pouvez aussi refuser son renouvellement pour motif légitime et sérieux, l’inexécution des obligations par le locataire en faisant partie. Le congé doit être motivé et respecter les délais.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989… — Article 25-8
« Le bailleur qui ne souhaite pas renouveler le contrat doit informer le locataire avec un préavis de trois mois et motiver son refus (…) par un motif légitime et sérieux, notamment l'inexécution par le locataire de l'une des obligations lui incombant. »
Attention cependant aux locataires protégés par l’âge et les ressources ; dans certains cas, un relogement adapté doit être proposé.
« II. — Le bailleur ne peut s'opposer au renouvellement du contrat (…) à l'égard de tout locataire âgé de plus de soixante-cinq ans et dont les ressources annuelles sont inférieures à un plafond (…) sans qu'un logement correspondant à ses besoins et à ses possibilités lui soit offert (…) »
Enfin, si le logement est conventionné, la sous‑location est en principe prohibée, ce qui renforce votre position.
Code de la construction et de l'habitation — Article D353-37
« Les logements conventionnés (…) ne peuvent faire l'objet de sous-location sauf au profit de personnes (…) dans des cas limités (…) »
Dans tous les cas, la première étape utile est une mise en demeure ferme et juridiquement cadrée, exigeant la cessation immédiate des sous‑locations et la communication de toute information utile (autorisations, prix perçus). C’est le meilleur moyen de faire cesser le trouble, de dater officiellement le manquement et de préparer votre dossier pour le juge ou pour un congé de fin de bail.
Sous‑louer sur Airbnb sans l’accord écrit du bailleur contrevient directement à la loi. Vous avez des leviers efficaces : faire cesser la pratique, demander la résiliation judiciaire du bail sur le fondement du Code civil et obtenir réparation de votre préjudice, ou refuser le renouvellement à l’échéance pour motif légitime et sérieux. Rester inactif, c’est laisser s’installer un usage détourné du logement et compliquer la défense de vos intérêts.
Pour agir vite et bien, appuyez‑vous sur notre outil. Il vous permet d’identifier en un instant les textes exactement applicables à votre cas, puis de générer et d’envoyer une mise en demeure personnalisée, claire et fiable. Vous reprenez la main, en toute sécurité juridique, et préparez sereinement la suite, amiable ou contentieuse.