Huit ans après la réception de vos travaux, des infiltrations d’eau apparaissent. Vous craignez que ce soit « trop tard » pour agir. En réalité, vous êtes encore dans le délai de la garantie décennale, dès lors que les désordres sont suffisamment graves. Des infiltrations qui rendent un logement impropre à son usage normal ou menacent sa solidité entrent typiquement dans ce champ. L’enjeu est double : faire reconnaître rapidement la responsabilité décennale du constructeur et activer l’assurance adéquate (assurance dommages-ouvrage si vous en avez souscrit une, ou assurance de responsabilité décennale du professionnel).
Notre outil vous simplifie la tâche à chaque étape. Il identifie en quelques instants les textes applicables à votre situation et génère une mise en demeure personnalisée, claire et juridiquement solide, pour mobiliser les bons interlocuteurs et les bons délais.
Le principe est posé par le Code civil. Vous n’avez pas à prouver la faute du constructeur : sa responsabilité est présumée lorsque les désordres compromettent la solidité de l’ouvrage ou l’affectent au point de le rendre impropre à sa destination.
« Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit […] des dommages […] qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui […] le rendent impropre à sa destination. »
— Code civil – article 1792
Cette responsabilité est adossée à une assurance obligatoire. Le professionnel devait être assuré dès l’ouverture du chantier, et la garantie est maintenue pendant toute la durée de la responsabilité décennale.
« Toute personne […] dont la responsabilité décennale peut être engagée […] doit être couverte par une assurance. A l'ouverture de tout chantier, elle doit justifier qu'elle a souscrit un contrat […] [qui] assure le maintien de la garantie pour la durée de la responsabilité décennale. »
— Code des assurances – article L241-1
Concrètement, l’assurance de responsabilité décennale du constructeur garantit le paiement des travaux de réparation, y compris les démolitions ou déposes nécessaires.
« Le contrat garantit le paiement des travaux de réparation de l'ouvrage […] lorsque la responsabilité de l'assuré est engagée sur le fondement de la présomption établie par les articles 1792 et suivants du code civil. Les travaux de réparation […] comprennent également les travaux de démolition, déblaiement, dépose ou démontage éventuellement nécessaires. »
— Code des assurances – Annexe I à l’article A243-1 (clauses-types responsabilité décennale)
Si vous avez souscrit une assurance dommages-ouvrage (DO), elle joue en dehors de toute recherche de responsabilité. Elle est précisément conçue pour accélérer l’indemnisation et la réparation.
« Le contrat [DO] a pour objet de garantir, en dehors de toute recherche de responsabilité, le paiement des travaux de réparation des dommages à l'ouvrage […]. »
— Code des assurances – Annexe II à l’article A243-1 (clauses-types DO)
La DO est strictement encadrée par des délais impératifs. L’assureur doit se prononcer sous 60 jours, puis faire une offre sous 90 jours, et payer sous 15 jours après acceptation, sous peine de majoration.
« L'assureur a un délai maximal de soixante jours […] pour notifier […] sa décision […] Lorsqu'il accepte […] il présente […] une offre d'indemnité […] dans un délai maximal de quatre-vingt-dix jours […] En cas d'acceptation […] le règlement […] intervient dans un délai de quinze jours. […] L'indemnité […] est alors majorée de plein droit d'un intérêt égal au double du taux de l'intérêt légal. […] L’assurance […] prend effet après l'expiration du délai de garantie de parfait achèvement […]. »
— Code des assurances – article L242-1
La période à respecter est décisive : la garantie s’éteint dix ans après la réception. C’est le point de départ de toutes les responsabilités décennales.
« La période de garantie […] commence […] à l'expiration du délai de parfait achèvement […] Elle prend fin à l'expiration d'une période de dix ans à compter de la réception. »
— Code des assurances – Annexe II à l’article A243-1 (clauses-types DO)
Le CCAG Travaux, qui rappelle les principes applicables aux marchés de travaux, confirme ce point de départ à la réception.
« Les principes régissant la garantie décennale des constructeurs sont applicables aux marchés de travaux. […] Le point de départ […] est fixé à la date d'effet de la réception […]. »
— Arrêté du 30 mars 2021 – CCAG Travaux, article 44 (Commentaires)
Attention toutefois aux exclusions classiques. Ni la DO ni la décennale ne couvrent les dommages dus exclusivement à l’usure normale, au défaut d’entretien ou à une cause étrangère.
« La garantie […] ne s'applique pas aux dommages résultant exclusivement : a) Du fait intentionnel […] ; b) Des effets de l'usure normale, du défaut d'entretien ou de l'usage anormal ; c) De la cause étrangère. »
— Code des assurances – Annexe I à l’article A243-1 (clauses-types responsabilité décennale)
En cas de blocage, le juge peut aussi condamner la partie perdante à vous verser une somme au titre de vos frais non compris dans les dépens.
« Le juge condamne la partie […] qui perd son procès à payer […] la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. »
— Code de procédure civile – article 700
Huit ans après la réception, des infiltrations sérieuses relèvent encore de la garantie décennale si elles rendent le bien impropre à sa destination ou en compromettent la solidité. La marche à suivre est claire : identifier la date de réception, qualifier juridiquement les désordres au regard de l’article 1792, activer l’assurance dommages-ouvrage si vous en disposez, ou saisir l’assureur décennal du constructeur. N’attendez pas : la garantie prend fin dix ans après la réception, et les délais imposés aux assureurs jouent en votre faveur pour une réparation rapide.
Pour sécuriser chaque étape, utilisez notre outil. Il repère instantanément les textes applicables à votre cas précis et produit une mise en demeure personnalisée et fiable, prête à être envoyée à l’assureur ou au constructeur. Vous gagnez du temps, vous cadrelez les discussions, vous préservez vos droits avant l’échéance décennale.