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Hausse de loyer en cours de bail : légal ou abusif ?

Logement
16 mars 2026

I. La problématique

En plein bail, votre propriétaire vous annonce une hausse du loyer “à cause de l’inflation”, de “travaux” ou parce que le loyer serait “trop bas par rapport au marché”. Légal ou abusif ? Tout dépend de trois points clés souvent ignorés : l’existence d’une clause de révision dans votre bail, la performance énergétique du logement, et l’éventuel régime « conventionné » du logement (avec loyers plafonnés). À défaut, l’augmentation en cours de bail est très souvent irrégulière.

Pour éviter de payer à tort — et de voir l’augmentation s’installer durablement — l’enjeu est de vérifier rapidement les textes applicables à votre situation, puis de formaliser une réponse claire et opposable. C’est précisément là que notre outil vous fait gagner du temps et de la sécurité juridique : il identifie les règles qui s’appliquent à votre bail et génère une mise en demeure personnalisée et fiable pour contester une hausse illégale ou exiger sa correction.


II. Ce que dit le droit

En principe, un loyer ne varie pas en cours de bail, sauf si le contrat prévoit une révision annuelle et dans la limite de l’indice de référence des loyers (IRL). Cette révision n’est pas automatique et doit être activée par le bailleur dans l’année, sans rétroactivité.

Sous l’empire de la loi de 1989, la règle de base est claire.

Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 17-1

« Lorsque le contrat prévoit la révision du loyer, celle-ci intervient chaque année à la date convenue entre les parties […] La variation qui en résulte ne peut excéder, à la hausse, la variation d’un indice de référence des loyers […].
A défaut de manifester sa volonté d’appliquer la révision du loyer dans un délai d’un an […] le bailleur est réputé avoir renoncé au bénéfice de cette clause pour l’année écoulée.
[…] cette révision de loyer prend effet à compter de sa demande. »

En clair, sans clause de révision, pas d’augmentation en cours de bail. Avec une clause, l’augmentation est plafonnée par l’IRL, le bailleur doit la demander dans l’année et elle prend effet à compter de sa demande (pas de rattrapage rétroactif).

Les augmentations liées à des travaux ne sont possibles qu’à une condition stricte : les parties ont expressément convenu, par avance, d’une majoration chiffrée, dans le contrat ou un avenant.

Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 17-1

« Lorsque les parties sont convenues, par une clause expresse, de travaux d’amélioration du logement que le bailleur fera exécuter, le contrat de location ou un avenant à ce contrat peut fixer la majoration du loyer consécutive à la réalisation de ces travaux. »

Autrement dit, le bailleur ne peut pas imposer unilatéralement, en cours de bail, une hausse au motif de travaux s’il n’existe pas de clause ou d’avenant prévoyant cette majoration.

Attention aux logements énergivores : la loi interdit toute révision ou majoration en cours de bail si le logement est classé F ou G au DPE.

Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 17-1

« La révision et la majoration de loyer prévues aux I et II du présent article ne peuvent pas être appliquées dans les logements de la classe F ou de la classe G […]. »

Cette interdiction vaut aussi pour les meublés.

Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 25-9

« Pour la révision du loyer, les I et III de l’article 17-1 sont applicables aux logements meublés. »

Enfin, ne confondez pas “en cours de bail” et “au renouvellement du bail”. La réévaluation pour “loyer manifestement sous-évalué” n’est envisageable qu’au renouvellement, selon une procédure encadrée.

Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 17-2

« Lors du renouvellement du contrat, le loyer ne donne lieu à réévaluation que s’il est manifestement sous-évalué. »

Cas particulier des logements conventionnés (loyers plafonnés par une convention) : les hausses obéissent à des règles spécifiques. Elles interviennent au 1er janvier, dans la limite d’un loyer maximal fixé par la convention, et peuvent, sur autorisation, dépasser l’IRL sans dépasser ce plafond. Le bailleur doit notifier le nouveau loyer selon la convention.

Code de la construction et de l’habitation, article D353-17

« Le loyer […] est, dans la limite de ce loyer maximal, révisé au 1er janvier de chaque année […]. Le bailleur peut, en outre, être autorisé à augmenter le loyer […] au-delà de l’indice de référence des loyers, dans la limite du loyer maximal […]. Le nouveau loyer est notifié au locataire dans les conditions fixées par la convention. »

Si le loyer demandé dépasse le prix fixé par la convention, vous pouvez agir en justice pour corriger le bail et obtenir le remboursement des trop-perçus.

Code de la construction et de l’habitation, article L321-7

« Si le loyer dépasse le prix fixé par cette convention, le locataire […] peut saisir le juge compétent pour obtenir la modification du bail et le remboursement de la fraction des loyers indûment versés. »

En pratique, ne pas réagir vous expose à payer trop pendant des mois, voire à rendre plus complexe la régularisation. À l’inverse, une contestation rapide, claire et argumentée facilite le retrait de la hausse irrégulière, la rectification des quittances et, le cas échéant, le remboursement.

Notre outil vous guide étape par étape : il vérifie l’existence et la portée de la clause de révision, calcule l’IRL, tient compte du DPE, détecte un éventuel conventionnement et vous propose les textes pertinents. Vous pouvez ensuite générer et envoyer une mise en demeure personnalisée et solide pour faire respecter vos droits.


Conclusion

En cours de bail, une hausse n’est licite que si elle est prévue par une clause de révision annuelle et limitée par l’IRL, demandée dans l’année et sans rétroactivité. Les hausses pour travaux ne s’appliquent qu’en cas d’accord écrit préalable fixant la majoration. Et, si votre logement est classé F ou G, la loi bloque toute révision et majoration. Les logements conventionnés obéissent, eux, à un régime spécifique strict, avec loyer maximal et règles de notification.

Face à une augmentation soudaine, vérifiez d’abord les textes applicables à votre cas, puis agissez vite et par écrit. Grâce à notre outil, vous identifiez en quelques minutes la règle exacte, vous sécurisez votre argumentation et vous envoyez une mise en demeure personnalisée et fiable pour obtenir le retrait de la hausse ou le remboursement des sommes indûment perçues.

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