Un “conseiller bancaire” vous appelle, dit qu’un piratage est en cours et vous presse de “sécuriser” votre argent par un virement. Vous validez l’opération dans votre application ou avec un code reçu par SMS… et l’argent disparaît. Est‑ce une opération que la banque doit rembourser ?
Tout l’enjeu tient à une distinction clé: s’agit‑il d’une opération “autorisée” (vous avez réellement consenti au virement) ou “non autorisée” (vous n’avez pas donné de consentement valable) au sens du Code monétaire et financier. De cette qualification dépend l’obligation de remboursement immédiat par la banque, les limites de votre responsabilité, et les risques en cas d’inaction.
Notre outil vous aide à identifier rapidement les textes applicables à votre situation et à formaliser une mise en demeure claire et juridiquement fondée pour exiger, si les conditions sont réunies, le remboursement et les intérêts prévus par la loi.
D’abord, la loi définit quand une opération est autorisée: c’est le cas si vous avez donné votre consentement à son exécution. À l’inverse, sans consentement valable, l’opération est “non autorisée”.
Extrait — Code monétaire et financier, article L. 133‑6
“Une opération de paiement est autorisée si le payeur a donné son consentement à son exécution.”
En cas d’opération non autorisée, la règle est protectrice: la banque doit rembourser immédiatement, au plus tard le premier jour ouvrable suivant l’information, sauf soupçon écrit et motivé de fraude de l’utilisateur signalé à la Banque de France. En outre, des intérêts majorés sanctionnent le retard.
Extrait — Code monétaire et financier, article L. 133‑18
“[…] le prestataire de services de paiement du payeur rembourse au payeur le montant de l’opération non autorisée immédiatement […] et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant, sauf s'il a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de l'utilisateur […]”
Pour préserver ce droit, vous devez contester “sans tarder” et, au plus tard, dans les 13 mois du débit (forclusion au‑delà, sauf manquement d’information de la banque).
Extrait — Code monétaire et financier, article L. 133‑24
“L'utilisateur […] signale, sans tarder, […] une opération de paiement non autorisée ou mal exécutée et au plus tard dans les treize mois suivant la date de débit sous peine de forclusion […]”
Quid des virements validés après un appel d’un faux conseiller ? Deux points sont déterminants:
Consentement réel à “cette” opération. Le consentement suppose une volonté libre et éclairée pour le virement précis. Si l’ordre a été détourné à votre insu (par exemple, prise de contrôle et validation par un tiers en exploitant vos données), la loi protège le payeur contre de telles manœuvres.
Authentification forte. Si la banque n’a pas exigé une authentification forte (double facteur), vous ne supportez aucune conséquence financière d’une opération non autorisée, sauf fraude de votre part.
Extrait — Code monétaire et financier, article L. 133‑19
“Sauf agissement frauduleux de sa part, le payeur ne supporte aucune conséquence financière si l'opération de paiement non autorisée a été effectuée sans que le prestataire […] n'exige une authentification forte du payeur.”
Attention toutefois: si la banque établit que vous avez agi frauduleusement ou avec “négligence grave” (par exemple, divulgation volontaire de données de sécurité personnalisées), vous supportez toutes les pertes liées aux opérations non autorisées.
Extrait — Code monétaire et financier, article L. 133‑19
“Le payeur supporte toutes les pertes […] si ces pertes résultent d'un agissement frauduleux de sa part ou s'il n'a pas satisfait intentionnellement ou par négligence grave aux obligations mentionnées […]”
Concrètement, dans l’arnaque au faux conseiller, la clé est de reconstituer précisément les faits: qui a initié l’ordre, qui l’a validé, quelles étapes d’authentification ont été requises, et si votre consentement portait réellement sur ce virement. Si l’opération est non autorisée, la banque doit vous rembourser sans délai et rétablir votre compte comme s’il n’y avait jamais eu de débit. En cas de retard, la loi prévoit des intérêts au taux légal majoré (jusqu’à +15 points au‑delà de 30 jours de retard, selon l’article L. 133‑18).
Agissez vite: signalez par écrit l’opération contestée, en citant les articles adéquats, et demandez le remboursement immédiat. Si la banque refuse en alléguant un soupçon de fraude de votre part, elle doit en avoir “de bonnes raisons” et les communiquer à la Banque de France. L’absence d’authentification forte joue également en votre faveur.
Notre outil vous accompagne pour identifier les textes essentiels (L. 133‑6, L. 133‑18, L. 133‑19, L. 133‑24), bâtir un argumentaire solide au regard de votre chronologie et générer une mise en demeure personnalisée, fiable et complète, afin de sécuriser vos démarches et vos délais.
En cas d’appel d’un faux conseiller suivi d’un virement, tout se joue sur la qualification juridique: si l’opération est “non autorisée”, la banque doit vous rembourser immédiatement et rétablir votre compte; si elle invoque une fraude ou une négligence grave de votre part, elle doit l’étayer. Vous devez contester sans tarder et au plus tard dans les 13 mois, faute de quoi votre action peut être forclose. Formalisez vos demandes et conservez les preuves: en pratique, c’est décisif pour obtenir un remboursement et, le cas échéant, les intérêts de retard.
Pour aller vite et bien, appuyez‑vous sur notre outil: il repère en quelques instants les textes applicables à votre situation et génère une mise en demeure personnalisée et juridiquement robuste, prêt à l’envoi à votre banque.