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Crédit refusé après compromis : récupérez votre dépôt

Logement & Immobilier
06 septembre 2026

I. La problématique

Vous avez signé un compromis de vente pour un bien immobilier, avec un financement par prêt. La banque refuse finalement votre demande et, malgré cela, le vendeur (ou l’agent) rechigne à vous restituer le « dépôt de garantie » versé à la signature. L’inquiétude monte : allez-vous perdre votre argent alors même que la vente ne peut plus se faire ?

Bonne nouvelle : lorsque le compromis mentionne que le prix est payé (même partiellement) à l’aide d’un prêt, la loi protège l’acquéreur. La vente est conclue sous une condition suspensive d’obtention du prêt. Si le crédit est refusé dans les conditions prévues, la vente ne se réalise pas et les sommes versées d’avance doivent être restituées, sans frais ni pénalité. L’enjeu est donc d’identifier les textes applicables, de rassembler vos preuves (refus de prêt, respect des délais du compromis) et, si nécessaire, d’adresser rapidement une mise en demeure pour obtenir la restitution.

C’est précisément ce que notre outil facilite, en combinant une recherche juridique intelligente des textes applicables et la génération puis l’envoi d’une mise en demeure personnalisée et fiable.


II. Ce que dit le droit

La règle centrale est claire. Dès lors que le compromis indique que le prix est financé à l’aide d’un ou plusieurs prêts, l’opération est conditionnée à l’obtention de ces financements, pour une durée qui ne peut être inférieure à un mois. Si le prêt est refusé, la vente échoue et l’acquéreur doit être remboursé intégralement et immédiatement des sommes avancées.

« Lorsque l'acte mentionné à l'article L. 313-40 indique que le prix est payé, directement ou indirectement, même partiellement, à l'aide d'un ou plusieurs prêts […] cet acte est conclu sous la condition suspensive de l'obtention du ou des prêts […].
[…] Lorsque la condition suspensive […] n'est pas réalisée, toute somme versée d'avance par l'acquéreur à l'autre partie ou pour le compte de cette dernière est immédiatement et intégralement remboursable sans retenue ni indemnité à quelque titre que ce soit. »

Article L313-41 du Code de la consommation

Concrètement, si la banque refuse dans les délais et conditions prévus au compromis (montant, durée, taux, etc.), la condition suspensive « fait défaut » et la vente ne se forme pas. Le dépôt de garantie n’a alors plus de cause et doit vous être rendu. L’obligation de restitution pèse sur la partie ou le professionnel qui détient les fonds (notaire, agent disposant d’une garantie financière), indépendamment de toute discussion sur une prétendue « faute » de l’acquéreur.

La loi encadre par ailleurs le versement des sommes au moment du compromis et leur restitution dans certaines hypothèses (rétractation). Elle rappelle que les fonds ne peuvent être reçus avant l’expiration du délai de rétractation, sauf dépôt entre les mains d’un professionnel garanti, lequel doit les restituer en cas de rétractation de l’acquéreur.

« Nul ne peut recevoir de l'acquéreur non professionnel […] aucun versement […] avant l'expiration du délai de rétractation […]. Toutefois […] un versement peut être reçu […] s'il est effectué entre les mains d'un professionnel disposant d'une garantie financière […]. Si l'acquéreur exerce sa faculté de rétractation, le professionnel dépositaire des fonds les lui restitue dans un délai de vingt et un jours […]. »

Article L271-2 du Code de la construction et de l’habitation

Deux précisions importantes protègent aussi l’équilibre du compromis.

D’abord, si l’acquéreur empêche lui-même l’obtention du prêt (par exemple, en ne déposant aucun dossier ou en faisant obstacle à son étude), la loi sanctionne ce comportement en considérant la condition comme accomplie. Autrement dit, il ne peut pas se prévaloir du refus de prêt « provoqué » par sa propre carence pour échapper à ses engagements ou récupérer son dépôt.

« La condition suspensive est réputée accomplie si celui qui y avait intérêt en a empêché l'accomplissement. »

Article 1304-3 du Code civil

Ensuite, quand les clauses sont claires, elles doivent être appliquées telles quelles. Si votre compromis prévoit noir sur blanc les conditions du financement et les effets d’un refus, ni le vendeur ni l’intermédiaire ne peuvent en dénaturer le sens pour retenir votre dépôt.

« On ne peut interpréter les clauses claires et précises à peine de dénaturation. »

Article 1192 du Code civil

En cas de blocage persistant, une action en justice est possible, avec la possibilité de demander, outre la restitution du dépôt, la condamnation de la partie perdante au remboursement d’une partie de vos frais non compris dans les dépens.

« Le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer […] à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens […]. »

Article 700 du Code de procédure civile


Conclusion

Si votre crédit est refusé dans les conditions prévues, vous avez droit à la restitution immédiate et intégrale de votre dépôt. Le vendeur et/ou le professionnel détenteur des fonds doivent s’exécuter. En cas d’inaction, le risque est réel de laisser vos fonds indûment bloqués, voire d’affaiblir votre position probatoire avec le temps. À l’inverse, si vous n’avez pas accompli les démarches nécessaires et avez empêché l’obtention du prêt, la condition peut être réputée accomplie et le dépôt conservé.

Pour sécuriser et accélérer vos démarches, utilisez notre outil. Il vous permet d’identifier en quelques instants les textes applicables à votre situation, puis de générer et d’envoyer une mise en demeure personnalisée et fiable, rappelant précisément les articles pertinents et exigeant la restitution du dépôt. En cas de persistance du refus, cette mise en demeure structurera ensuite efficacement toute action contentieuse, y compris la demande d’indemnisation de vos frais sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile.

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