Le chauffage collectif est en panne, l’appartement refroidit, et les journées s’allongent sans solution. À qui s’adresser, que réclamer, et surtout, que faire sans se mettre en faute ? Dans un immeuble au chauffage commun, l’interlocuteur du locataire demeure son bailleur, même si la panne touche une chaudière située dans les parties communes et gérée par le syndic. C’est au bailleur de mobiliser les intervenants et d’obtenir la remise en service.
En attendant, deux enjeux se cumulent. D’un côté, la décence du logement peut être affectée si l’absence de chauffage se prolonge, ce qui ouvre des voies de recours. De l’autre, les charges de chauffage ne sont dues qu’en contrepartie d’un service effectivement rendu, ce qui impose des ajustements à la régularisation. Enfin, un piège à éviter demeure le non‑paiement unilatéral du loyer, qui expose à la résiliation du bail.
Agir vite, par écrit, est essentiel. Une mise en demeure claire et juridiquement fondée, suivie si nécessaire d’une saisine de la commission de conciliation ou du juge, permet de sécuriser la situation. C’est précisément ce que facilite notre outil, qui identifie les textes applicables et génère une mise en demeure personnalisée et fiable.
La loi prévoit que les charges récupérables ne sont exigibles qu’en échange des services réellement fournis. En cas de panne prolongée, le poste “chauffage” doit être ajusté lors de la régularisation.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs – article 23
« Les charges récupérables, sommes accessoires au loyer principal, sont exigibles sur justification en contrepartie : 1° Des services rendus liés à l'usage des différents éléments de la chose louée […] »
Concrètement, demandez le détail des charges et leur mode de calcul au moment de la régularisation annuelle et contestez les montants relatifs à des périodes sans chauffage, justificatifs à l’appui.
Un logement durablement privé de chauffage peut ne plus répondre aux exigences de décence. Le locataire peut exiger la mise en conformité et, à défaut, saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge. Celui-ci peut ordonner des travaux et ajuster le loyer.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 – article 20-1
« Si le logement loué ne satisfait pas aux dispositions des premier et deuxième alinéas de l'article 6, le locataire peut demander au propriétaire sa mise en conformité […] À défaut d'accord […] la commission départementale de conciliation peut être saisie […]. Le juge […] peut réduire le montant du loyer ou suspendre, avec ou sans consignation, son paiement […] jusqu'à l'exécution de ces travaux. »
Notre outil vous aide à cadrer rapidement la demande de mise en conformité, à rappeler les délais applicables et, si nécessaire, à enclencher la suite.
Les aides personnelles au logement ne sont versées au bailleur que si le logement est décent. En cas de non‑décence constatée par l’organisme payeur, les APL peuvent être conservées par celui-ci pendant un délai, et le locataire paie alors le loyer diminué du montant de l’aide, sans risque de résiliation pour ce motif.
Code de la construction et de l’habitation – article L842-1
« L'allocation ne peut être versée au bailleur que si le logement répond aux exigences prévues aux articles L. 822-9 et L. 822-10. »
Code de la construction et de l’habitation – article L843-1
« […] l'allocation de logement est conservée par l'organisme payeur […] Durant ce délai, le locataire s'acquitte du montant du loyer […] diminué du montant des allocations de logement […] sans que cette diminution puisse fonder une action du propriétaire à son encontre pour obtenir la résiliation du bail. »
Si le bailleur n’a pas remis le logement en conformité à l’issue du délai, l’allocation conservée ne lui est pas due et il ne peut la réclamer au locataire.
Code de la construction et de l’habitation – article L843-2
« […] le montant de l'allocation de logement […] n'est pas récupéré par le propriétaire. Ce dernier ne peut demander au locataire le paiement de la part de loyer non perçue correspondant au montant de l'allocation conservé. »
Le propriétaire ou le syndic doit assurer un dispositif permettant de déterminer et réguler la chaleur fournie à chaque lot quand la technique le permet, ce qui encadre la répartition des coûts.
Code de la construction et de l’habitation – article L174-2
« Tout bâtiment collectif […] pourvu d'une installation centrale de chauffage doit comporter […] une installation permettant de déterminer et de réguler la quantité de chaleur […] Le propriétaire […] s'assure que l'immeuble comporte des installations répondant à ces obligations. »
L’arrêt du paiement sans décision de justice est risqué, car la plupart des baux contiennent une clause de résiliation automatique en cas d’impayé.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 – article 24
« Tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges […] Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. »
Si la situation l’exige, demandez au juge une réduction, une suspension ou une consignation du loyer, plutôt que d’interrompre le paiement de votre propre initiative.
En cas de litige touchant la décence, vous pouvez mandater une association habilitée pour agir en votre nom.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 – article 24-1
« […] ils peuvent donner par écrit mandat d'agir en justice en leur nom et pour leur compte à une association […] Une association […] peut assister ou représenter […] un locataire en cas de litige portant sur le respect des caractéristiques de décence de son logement. »
Une panne de chauffage collectif n’est pas une fatalité juridique. Le locataire peut obtenir la remise en service, faire corriger les charges de chauffage pour les périodes non servies, et faire valoir la décence du logement pour provoquer des travaux, une réduction ou une suspension du loyer, avec l’appui de la commission de conciliation et, au besoin, du juge. À l’inverse, un impayé isolé et non encadré expose à la résiliation du bail.
Pour aller vite et bien, formalisez la démarche par écrit. Notre outil vous permet d’identifier immédiatement les textes applicables à votre dossier et de générer une mise en demeure personnalisée et juridiquement solide, afin d’obtenir une solution rapide, documentée et sécurisée. En cas de blocage, vous aurez déjà réuni les fondations nécessaires pour solliciter la conciliation, activer le levier des APL en non‑décence ou saisir le juge dans les meilleures conditions.