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Borne de recharge en copropriété : faites valoir votre droit à la prise

Logement & Travaux
01 avril 2026

I. La problématique

Vous disposez d’une place de parking en copropriété et vous souhaitez installer une borne pour recharger votre véhicule électrique. Le syndic temporise, renvoie à une prochaine assemblée générale, ou exige un vote complexe. Parfois, le bailleur s’interpose si vous êtes locataire. Pourtant, le droit français a prévu un véritable « droit à la prise » qui vous permet d’avancer, dans un cadre sécurisé, sans subir des blocages injustifiés.

L’enjeu est double. D’un côté, faire valoir un droit individuel d’installation quand le projet est circonscrit à votre emplacement. De l’autre, encourager la copropriété à se doter d’une solution collective pérenne, technique et financièrement optimisée. Dans les deux cas, la clé est de suivre la procédure correcte, d’anticiper les votes nécessaires et de formaliser vos démarches. C’est précisément là que notre outil fait la différence, en identifiant instantanément les textes applicables et en générant une mise en demeure personnalisée et fiable pour débloquer la situation.


II. Ce que dit le droit

Le « droit à la prise » protège le copropriétaire, mais aussi le locataire ou l’occupant de bonne foi. La démarche commence par une notification détaillée, et l’opposition du syndicat n’est possible que sous conditions strictes et dans des délais serrés.

Article R113-8 du Code de la construction et de l’habitation

« Le locataire […] notifie son intention de réaliser les travaux […] au copropriétaire bailleur, avec copie au syndic […] Lorsqu'il entend s'opposer aux travaux pour un motif sérieux et légitime, […] le syndic […] saisit […] le président du tribunal judiciaire […] dans un délai de trois mois […]. […] Le […] copropriétaire peut faire procéder aux travaux […] lorsqu'aucune saisine […] ne lui a été notifiée dans le délai mentionné. »

En parallèle, le syndic a l’obligation d’inscrire à l’ordre du jour l’étude et les travaux permettant l’alimentation des places de stationnement, et même de porter un projet demandé par des copropriétaires à leurs seuls frais.

Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis — Article 24-5

« Un ou plusieurs copropriétaires peuvent demander au syndic d'inscrire à l'ordre du jour […] la question des travaux […] pour qu'ils soient réalisés […] aux frais des seuls copropriétaires demandeurs. Cette délibération est adoptée dans les conditions prévues au I de l'article 24. »

Si vous voulez forcer l’inscription de la question à l’assemblée générale, vous pouvez notifier formellement le syndic. Il doit alors inscrire la question à la prochaine AG.

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 — Article 10

« A tout moment, un ou plusieurs copropriétaires […] peuvent notifier au syndic la ou les questions […] Le syndic porte ces questions à l'ordre du jour de la convocation de la prochaine assemblée générale. »

Lorsque la copropriété choisit une solution collective, deux majorités se rencontrent. La décision d’équiper en bornes peut être prise à la majorité simple, mais les installations électriques collectives et le comptage individuel relèvent d’une majorité renforcée.

Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — Article 24, I (i)

« La décision d'équiper les emplacements de stationnement d'accès sécurisé à usage privatif avec des bornes de recharge […] et de réaliser l'étude mentionnée au III de l'article 24-5. »

Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — Article 25 (j)

« L'installation ou la modification des installations électriques […] permettant l'alimentation des emplacements […] ainsi que la réalisation des installations de recharge […] permettant un comptage individuel […]. »

Côté financement, deux leviers puissants existent pour limiter, voire supprimer, la charge pour le syndicat des copropriétaires. D’abord, l’opérateur d’infrastructures peut installer une colonne collective sans frais pour la copropriété, via une convention.

Code de l’énergie — Article L353-13

« L'opérateur d'infrastructures […] installe […] sans frais pour […] le syndicat des copropriétaires, une infrastructure collective […]. Cette convention […] prévoit la gratuité de ces prestations pour […] le syndicat […]. »

Ensuite, il est possible de faire intervenir le gestionnaire du réseau public (dans le cadre d’une infrastructure collective relevant du réseau public), avec une prise en charge tarifaire sous condition d’un devis préalable.

Code de l’énergie — Article L353-12

« A condition […] de justifier de la demande d'au moins un devis […] les coûts de l'infrastructure collective sont couverts par le tarif d'utilisation des réseaux publics de distribution […]. »

En cas d’inaction du syndic (refus d’inscrire une question, inertie prolongée), il est possible de solliciter en référé la désignation d’un administrateur ad hoc, après mise en demeure restée sans effet plus de huit jours.

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 — Article 49

« Le syndic en fonction peut être assigné […] en référé en vue de la désignation d'un administrateur ad hoc […] s'il est justifié d'une mise en demeure […] demeurée infructueuse pendant plus de huit jours. »

Enfin, une opposition injustifiée ou dilatoire peut engager la responsabilité de son auteur si elle vous cause un préjudice.

Code civil — Article 1240

« Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. »

Notre outil sécurise chaque étape. Il identifie en quelques minutes les articles et majorités applicables à votre cas (notification « droit à la prise », inscription à l’AG, choix du schéma collectif), puis génère et envoie une mise en demeure personnalisée et fiable au bon destinataire (syndic, bailleur), en rappelant les délais légaux. Vous gagnez en clarté, en crédibilité et en vitesse d’exécution.


Conclusion

Votre droit à la borne en copropriété n’est pas théorique : notifiez votre projet dans les formes, exigez l’inscription à l’ordre du jour, et, faute d’opposition judiciaire motivée dans les délais, faites réaliser vos travaux. Parallèlement, poussez une solution collective bien dimensionnée, financée grâce aux dispositifs prévus par le Code de l’énergie. En cas d’immobilisme du syndic, la mise en demeure structurée puis, si nécessaire, le recours judiciaire ciblé permettent d’avancer.

Pour aller vite et juste, appuyez-vous sur notre outil. Il vous permet de trouver immédiatement les textes applicables à votre immeuble et d’adresser une mise en demeure personnalisée et fiable qui déclenche les bonnes décisions. Résultat : vous sécurisez votre installation, vous anticipez les votes en assemblée et vous protégez vos droits, sans perdre de temps.

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