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Changer d’assurance emprunteur en cours de prêt : vos droits

Argent & Banque
20 février 2026

I. La problématique

Vous avez un prêt immobilier en cours et vous découvrez qu’une assurance emprunteur concurrente vous coûterait bien moins cher, à garanties équivalentes. Vous demandez la substitution, mais votre banque temporise, exige des « frais d’étude » ou menace de modifier le taux du crédit. Faut-il renoncer, au risque de payer des années de primes trop élevées, ou insister en prenant le risque d’un trou de couverture ?

La bonne nouvelle, c’est que le droit encadre précisément le changement d’assurance en cours de prêt. Il fixe vos droits, les obligations de la banque et les délais à respecter. La moins bonne, c’est qu’en pratique, les refus infondés, les retards et les informations incomplètes sont fréquents. Sans action ferme et documentée, vous risquez de continuer à payer trop cher et de perdre des mois d’économies.

Notre outil vous aide à reprendre la main, simplement et en sécurité : d’abord en identifiant en quelques secondes les textes applicables à votre situation, ensuite en générant et en envoyant une mise en demeure personnalisée et juridiquement solide pour faire respecter vos droits, dans les bons délais, sans laisser de prise au doute.


II. Ce que dit le droit

D’abord, votre droit de résilier à tout moment l’assurance emprunteur attachée à votre prêt est acquis. Le texte clé est limpide.

Article L113-12-2 du Code des assurances

l'assuré peut résilier le contrat à tout moment à compter de la signature de l'offre de prêt [...] En cas d'acceptation par le prêteur, la résiliation du contrat d'assurance prend effet dix jours après la réception par l'assureur de la décision du prêteur [...] En cas de refus par le prêteur, le contrat d'assurance n'est pas résilié.

Concrètement, vous pouvez engager la substitution quand vous le souhaitez, sans « fenêtre de tir » annuelle. La résiliation de l’ancien contrat ne prend effet qu’après acceptation de la banque, ce qui évite tout risque de rupture de garantie.

La banque ne peut refuser la nouvelle assurance que pour une raison précise : l’absence d’équivalence de garanties. Et tout refus doit être motivé de manière complète.

Article L313-30 du Code de la consommation

le prêteur ne peut pas refuser en garantie un autre contrat d'assurance dès lors que ce contrat présente un niveau de garantie équivalent [...] Toute décision de refus est explicite et comporte l'intégralité des motifs de refus. Elle précise, le cas échéant, les informations et garanties manquantes.

Autrement dit, pas de « non » vague ou implicite. Si des précisions manquent, la banque doit vous dire exactement lesquelles pour vous permettre de compléter le dossier, pas bloquer la substitution.

Les délais sont, eux aussi, encadrés. La banque a dix jours ouvrés pour vous répondre et, en cas d’acceptation, pour formaliser la substitution par avenant, sans frais.

Article L313-31 du Code de la consommation

le prêteur notifie à l'emprunteur sa décision d'acceptation ou de refus dans un délai de dix jours ouvrés [...] En cas d'acceptation, le prêteur modifie par voie d'avenant [...] Le prêteur ne peut exiger de frais supplémentaires de l'emprunteur pour l'émission de cet avenant.

Cette gratuité s’étend à l’analyse du nouveau contrat et à l’ensemble des conditions de crédit. La banque ne peut pas compenser son acceptation en renchérissant votre prêt.

Article L313-32 du Code de la consommation

Le prêteur ne peut [...] ni modifier le taux [...] ou les conditions d'octroi du crédit [...] ni exiger le paiement de frais supplémentaires, y compris les frais liés aux travaux d'analyse de cet autre contrat d'assurance.

Lorsque la banque accepte, elle doit formaliser la modification par une offre modifiée ou un avenant, remis sur un support durable.

Article R313-24 du Code de la consommation

En cas d'acceptation par le prêteur, celui-ci fournit à l'emprunteur [...] l'offre modifiée [...] ou l'avenant au contrat de crédit.

Deux précautions pratiques méritent d’être rappelées pour éviter tout risque caché. D’une part, vous restez couvert par l’ancien contrat tant que l’acceptation bancaire n’est pas intervenue et reçue par l’assureur initial. D’autre part, si vous ne payez plus les primes de la nouvelle assurance, l’assureur doit en informer la banque, ce qui pourrait fragiliser votre prêt.

Article L312-37 du Code de la consommation

Lorsque la souscription d'une assurance a été exigée [...] celui-ci informe le prêteur du non-paiement par l'emprunteur de sa prime d'assurance.

Enfin, si la banque ne respecte pas ses obligations (silence au-delà de dix jours, refus non motivé, tentative de facturer des frais ou de modifier le taux), vous pouvez la mettre en demeure et demander l’exécution forcée et/ou une indemnisation.

Article 1217 du Code civil

Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ; des dommages et intérêts peuvent toujours s'y ajouter.


Conclusion

Changer d’assurance emprunteur en cours de prêt est un droit effectif, encadré par des délais courts, sans frais, et sans possibilité pour la banque de durcir vos conditions de crédit. Le véritable risque, c’est l’inaction : chaque mois perdu coûte des euros sonnants et trébuchants, et un dossier mal ficelé ouvre la porte aux réponses dilatoires.

Notre outil sécurise chaque étape. En quelques minutes, vous identifiez les textes qui s’appliquent exactement à votre cas, puis vous générez une mise en demeure personnalisée et fiable, qui rappelle l’équivalence de garanties, fixe le délai légal de dix jours, exclut tout frais indu et exige l’avenant. Vous envoyez un courrier précis, opposable et complet, qui ferme la porte aux faux motifs et enclenche, si nécessaire, les sanctions adéquates. Résultat : une substitution plus rapide, des économies pérennes et une sérénité juridique retrouvée.

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